Etude de l'ANSES de Décembre 2025 sur la présence de PFAS dans l'eau du robinet en France
L’Anses vient de publier les résultats d’une grande campagne menée entre 2023 et 2025 pour mesurer la présence des PFAS – les “polluants éternels” – dans l’eau potable en France. C’est à ce jour l’état des lieux le plus complet réalisé sur le sujet.
Une contamination généralisée mais très variable
L’étude montre que sur les 35 PFAS recherchés, 19 sont détectés dans l’eau du robinet. La présence n’est donc pas marginale : ces substances apparaissent dans une part importante des prélèvements, même si les niveaux mesurés varient largement selon les zones.
Le résultat marquant :
- le TFA, un PFAS très soluble, est retrouvé dans 92 % des échantillons d’eau brute et d’eau distribuée.
- Sa concentration varie fortement d’un lieu à l’autre, avec une médiane de 780 ng/L dans l’eau distribuée.
Ce chiffre montre que certaines molécules de PFAS peuvent être très répandues, même si leur présence était jusqu’ici mal documentée dans l’eau potable.
Une majorité d’échantillons sous les limites réglementaires
Pour les PFAS déjà encadrés par la réglementation européenne, l’Anses indique que la grande majorité des échantillons analysés respectent les limites en vigueur, en particulier la valeur de 100 ng/L pour la somme des 20 PFAS ciblés par la Directive européenne. Seule une faible proportion des prélèvements dépasse cette valeur.
Ce point est important :
➡️ L’eau reste globalement conforme, au regard des normes actuelles.
➡️ Mais la contamination existe bel et bien, parfois à des niveaux significatifs selon les molécules.
Une vision plus claire et la preuve qu’il faut surveiller davantage
Jusqu’à présent, seule une poignée de PFAS était surveillée en France. Cette campagne montre que :
- d’autres PFAS, non suivis aujourd’hui, sont présents dans l’eau et parfois très fréquents ;
- certains d’entre eux, comme le TFA, pourraient devoir être surveillés de manière pérenne ;
- l’état des lieux doit encore être affiné car les PFAS n’évoluent pas tous de la même manière dans l’environnement.
Ces résultats viennent compléter l’expertise de l’Anses d’octobre 2025, qui recommandait déjà un renforcement de la surveillance des PFAS dans l’eau. L’Agence souligne que certains PFAS détectés (dont le TFA) devraient probablement rejoindre la liste des substances suivies régulièrement.
Ce qu’il faut retenir
- Les PFAS sont largement présents dans l’eau potable française, parfois dans une grande majorité des échantillons.
- Les niveaux réglementés sont rarement dépassés, mais la contamination existe et demande une surveillance renforcée.
- Certaines molécules très répandues, comme le TFA, ne sont aujourd’hui surveillées par aucune norme, ce qui ouvre la voie à une évolution prochaine du cadre réglementaire.
- Cette campagne fournit enfin une base scientifique solide pour mieux encadrer ces substances dans l’eau du robinet.
L’osmose inverse est aujourd’hui l'une des technologies les mieux documentées pour les réduire significativement, surtout associée à un charbon actif comme le montre cette étude menée par 60 millions de consommateurs : https://www.60millions-mag.com/2024/08/07/pour-filtrer-l-eau-du-robinet-quelles-solutions-sont-les-plus-efficaces-23016
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